Gestion raisonnée des espaces verts

Donner plus de place à la nature en ville porte un nom : la gestion différenciée (parfois appelée gestion raisonnée, harmonique ou durable). Cette démarche s’oppose au principe de gérer tous les espaces verts de la même façon, avec du gazon bien tondu, des plantations d’espèces exotiques annuelles, l’utilisation généralisée de produits chimiques…, alors que chacun d’eux a ses propres spécificités. Elle s’oppose à l’idée que la nature n’a pas sa place dans les zones urbanisées.

Globalement, à l’échelle d’une commune, cela se traduit par une diversité d’espaces verts, où chacun peut trouver son bonheur. Il y a des espaces pour jouer et se prélasser dans l’herbe, d’autres pour se promener ou observer la flore, la faune…

L’usage de produits phytosanitaires interdit dans les espaces publics

La plupart des pesticides ne sont pas sélectifs et ont de véritables conséquences sur la biodiversité. Autrement dit, en utilisant des produits chimiques pour traiter un problème, on porte atteinte au bon fonctionnement des espaces verts : élimination d’insectes utiles pour la pollinisation des fleurs, plantes ou des insectes auxiliaires naturels de culture, dégradation de la qualité des sols, fragilisation de la plante elle-même, pollution de l’eau… C’est tout l’équilibre de la nature qui est bousculé.

Depuis le 1er janvier 2017, l’utilisation de pesticides (produits phytosanitaires : herbicides, fongicides, insecticides) est interdite dans les espaces publics (elle sera interdite dans les jardins privés en 2019).

Les collectivités locales doivent donc menée un travail de sensibilisation et de pédagogie auprès des habitants pour anticiper leurs interrogations sur l’apparition d’herbes sur les trottoirs ou certains espaces publics.

Pour mettre en œuvre cette mesure importante pour la santé des habitants et pour la planète, la commune (espaces verts) et Toulouse métropole (voirie et zones de loisirs) adoptent des techniques alternatives : balayeuse avec des brosses plus dures, outils de coupe (rotofil, débroussailleuse, binette…), ou encore prévention de la pousse (paillage, ensemencement) et choix d’espèces végétales adaptées aux espaces publics et demandant peu de traitement.

L’abandon des produits phytosanitaires demande des interventions plus fréquentes et une organisation différente des équipes techniques pour maîtriser la flore. L’enjeu est de faire comprendre que cela n’est pas synonyme d’abandon de l’entretien des voies publiques, ni de saleté. Mais que c’est simplement la conséquence d’un choix national novateur, respectueux de l’environnement et de la biodiversité.

D’autres actions discrètes mais efficaces !

Ces dernières années, la ville a entrepris des efforts pour entretenir ses espaces verts de manière raisonnée. Même si des progrès restent à faire, de multiples améliorations ont pu être apportées : utilisation de rétenteurs d’eau aux pieds des massifs, arrosage automatisé, plantation de végétaux rustiques, réutilisation de l’écorce des arbres élagués pour protéger certains massifs, tonte différente suivant la nature des espaces publics…

Quelques conseils pour jardiner autrement…

  1. Connaître et préparer son sol pour y recevoir les plantes qui lui sont adaptées.
  2. Enrichir son sol naturellement en matière organique et en azote grâce à des espèces végétales et en récupérant les déchets du jardin ou de la maison, fabriquer un humus indispensable au jardin.
  3. Privilégiez des plantes adaptées à la sécheresse.
  4. Économiser l’eau : Récupérer l’eau de pluie et utiliser des systèmes économes pour l’arrosage.
  5. Réaliser un paillage pour préserver l’humidité et protéger vos plantations des mauvaises herbes.
  6. Apprendre à utiliser les associations de plantes pour en tirer les bénéfices.
  7. Prévenir les maladies et l’attaque des ravageurs en fortifiant les plantes, en piégeant les nuisibles, en alternant les cultures dans le potager.
  8. Savoir utiliser des insectes auxiliaires pour lutter contre les ravageurs.
  9. Accueillir la faune et la flore en laissant la nature reprendre possession d’un petit coin de de votre jardin.
  10. Planter des arbres et des végétaux ou des fruits et légumes anciens ou peu connus pour entretenir la diversité variétale.